Héritage

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans Economie

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Héritage

Publié le janvier 26, 2010 avec 6 Commentaires

Un ami, directeur de la communication d’une grande institution régionale m’a fait prendre conscience que, dans la crise économique que nous vivons, probablement peu de gens savent à quel point nous sommes passés à côté d’une catastrophe financière et par suite, économique…

Ils ne le savent pas, car les états européens, en particulier Français et Anglais, ont réussi à être pro-actifs et trouver très rapidement des solutions, à coups de milliards d’euros, mais avaient-ils le choix ?

Ici et là, j’entends des personnes censées qui regrettent presque que ce cataclysme ne se soit pas produit …pourquoi ? certes, le risque aurait été très grand de voir survenir violences, émeutes, pillages, suicides, …un échantillon de ce que nos parents ont connu lors de cette si terrible crise de 29), mais, disent-ils, cela aurait été la seule chance de réformer profondément notre système économique, notre système capitaliste libéral, soit disant « auto-régulant » !

Donc, les pouvoirs politiques ont su appliquer sur le système monétaire de grosses rustines, très chères : c’est parfait, si l’on a la sagesse de remplacer rapidement le pneu usagé, affaibli, à bout de forces par un pneu neuf…car sinon, tout cycliste occasionnel le sait : il y a risque de nouvel éclatement

A ce stade, méditons à nouveau l’injonction de John Fitzgerald Kennedy :

« Ne voyez-pas ce que l’Amérique (la France, l’Europe) peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous, vous pouvez faire pour elle ».

La référence de nos civilisations occidentales est encore celle de l’argent, du pouvoir, de l’individualisme, de la responsabilité diluée dans un Etat-Providence ?…

Proposons la culture, le partage, le bien commun, le goût de l’effort.

A nous de proposer aux jeunes qui arrivent dans les entreprises (au sens le plus large) un autre référentiel et tant pis si ce n’est pas celui qui prévaut depuis 40 ans (!).

Le terrain est en friche, les jeunes sont prêts à s’emparer de cette nouvelle échelle de valeurs, profitons-en et agissons, de façon individuelle et collective, pour que ce référentiel devienne la nouvelle jauge de notre société.

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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6 Commentaires

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  1. Bonjour Christophe et merci pour cet article!
    Je pense comme vous que les enseignements de la crise n’ont malheureusement pas été retenus… Chez les jeunes, il y a d’autres envies et nous sommes prêts en effet pour de nouveaux modèles… Mais
    tous les jeunes ne pensent et ne penseront pas comme ça tant que les structures de formation n’auront pas changé elles même de modèle… le serpent se mort encore trop la queue aujourd’hui!

    • je relis ton commentaire, chère Anne-Sophie: plus que les structures de formation, c’est une culture du “positivisme” que l’on devrait acquérir depuis le plus jeune âge: plutôt que de dire à enfant: “de toute manière, tu es nul en maths, lui dire: courage, tu vas y arriver” et le féliciter pour les petits progrès opérés…
      c’est la même chose aujourd’hui: Hollande, dans son discours d’investiture, a raison d’insister sur la confiance et sur les qualités à exploiter chez les uns et chez les autres…

  2. OUI, trois fois OUI à cette profession de foi pour un référant alternatif autour de la culture, du partage, du bien commun
    et du goût de l’effort mais aussi de l’entraide et du don (pas seulement financier).

    Seulement on en est très loin, la question est donc : comment faire pour que cela ne se limite pas à de bons sentiments
    mais se traduise concrètement dans notre société.

    Pour moi, il y a peu à attendre des gens d’en haut.  Après avoir injecté quelques milliards (qu’on n’avait pas et qu’on
    a donc du emprunter) et fait quelques belles déclarations, rien n’a véritablement changé sur le fond.

    Pour nos dirigeants on est déjà sorti de la crise et roule ma poule. Oubliez ce qui vient de se passer bonnes gens, l’Etat
    vous a sauvé, vous pouvez retourner à vies d’avant sans changer vos mauvaises habitudes et sans vous posez trop de questions.

    La croissance est la réponse à tout, on nous incite à consommer plus, donc à s’endetter plus,  à polluer plus, on est
    en train de ré-appuyer sur l’accélérateur alors qu’on sait très bien qu’il y a toujours un mur (plus ou moins loin) à l’horizon.

    L’enjeu est trop important pour laisser les politiques nous sortir leurs plus beaux tours de magie sur le sujet. Le vrai
    déclic et le changement viendra d’en bas (sans démagogie).

    Quelques raisons d’espérer.

    Au premier rang de celles-ci, nos enfants. En effet, c’est pour une grande part une question de génération. Nous autres
    quadra avons été élevés dans le culte de la consommation et l’illusion de la richesse de la France (donc de la notre), vestige de l’âge d’or des 30 glorieuses vécu par nos parents et alimenté par
    des politiciens qui nous ont fait croire (et qui continuent peu ou prou) que l’on pouvait toujours s’offrir nos modes de vies opulents, gaspilleurs et polluants (en cela nous n’avons pas
    tellement de leçons à donner aux américains qui avec leur sacro sainte interdiction de toucher à l’american way of life nous ont fait plonger dans une crise économique majeure).

    Nos enfants vont grandir dans un écosystème différent, ou les abus et excès de nos modes de vies, de production et de
    consommation seront stigmatisés, discutés et je l’espère remis en cause.

    Il y aura donc un effet quasi-mathématique qui d’ici 20 ans va totalement changer la donne grâce à des citoyens plus
    responsables, avec lesquels ce nouveau cadre de référence que nous appelons de nos voeux aura beaucoup plus de chance de s’épanouir.

    Autre raison d’espérer, le crédit à la consommation à baissé de 13% en France en 2009 et la tendance devrait se poursuivre
    en 2010. Je veux y voir un signe que si rien ne change en haut, la France d’en bas, contrainte et forcée peut être, modifie ses comportements. Cela est également en train de se passer  sur
    les questions du réchauffement climatiques et plus globalement d’une consommation durable.

    Pour conclure, le pouvoir de changer (un peu) les choses est entre nos mains. A nous d’agir dès aujourd’hui  à travers
    nos comportements individuels pour bâtir ce pont vers un nouveau modèle dans lequel le partage, l’entraide, le don seraient au moins autant considérés que l’argent, la consommation et le bien
    être individuel.

    L’article de Christophe (que je commente ici un peu trop longuement sans doute) nous y invite, nous y incite. Let’s do
    it !

  3. Je suis plutôt d’accord sur le fond de votre article. Cependant, la vraie difficulté (à mon avis) est
    d’adapter l’organisation de l’entreprise (la PME, les TPE, …) à ces “nouveaux référentiels”. Et pour cela, les managers (notamment l’encadrement de proximité) doit être en mesure de faire
    collaborer des salariés issue de la génération Y avec les plus anciens par exemple (avec des codes, des comportements, … assez éloignés). Et si le rôle de la formation était aussi de
    rapprocher ces générations ?

  4. Aujourd’hui, les jeunes ont besoin d’un référentiel de valeurs qui tranche avec le référentiel actuel, base presqu’exclusivement sur la réussite matérielle

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