La valeur de la 16ème Université Hommes-Entreprises

Ecrit par Christophe de La Chaise. Publié dans Université Hommes-Entreprises

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Publié le août 30, 2010 avec 2 Commentaires

Le soleil était au rendez-vous les 25 et très largement le 26 août  pour accueillir les 508 participants à la  6ème Université Hommes-Entreprises organisée par le CECA et une vingtaine de partenaires au Château Smith Haut Lafitte.

 Plusieurs avaient même anticipé sur leur retour de congés pour s’entretenir avec Patrick Lemattre (sociologue, professeur à HEC) ou Michel Authier (philosophe), deux  spécialistes du management de l’entreprise, le premier des jeunes générations, le second des seniors.

Alors que Patrick Lemattre insiste sur les notions de passion et d’engagement pour réussir et entraîner les jeunes, Michel Authier, avec une analyse sémantique particulièrement fine, démontre tout l’intérêt de garder les seniors dans la société… à condition qu’ils soient prêts à devenir l’humus nourrissant de la terre…pour transmettre aux jeunes.

Egalement passionnant, dans un registre plus proche de la vie privée, le docteur Pommereau donnait quelques clés pour rendre nos ados heureux et leur redonner confiance : les confronter à la réalité, par ex les emmener faire du camping plutôt que les laisser s’enfermer sur internet.

L’Université Hommes-Entreprises a permis également la découverte de personnalités à la fois passionnées et passionnantes :

La chef d’orchestre Zahia Ziouani, chef de l’orchestre Divertimento (Seine Saint Denis) et chef de l’orchestre symphonique d’Algérie…à seulement 31 ans !… et l’explorateur Stéphane Lévin, qui a monté 3 expéditions scientifiques pour des lycéens de classe de seconde, entre 2006 et 2008 – une première en France.

Leur recette pour réussir leur vie

  • Une vision qui ressemble à un rêve : à 12 ans, l’ambition de devenir chef d’orchestre pour l’une ; à 20 ans, avoir le rêve de partir seul découvrir le grand nord canadien et expérimenter une nuit polaire par des températures extrêmes de -20 à -70 °C pour l’autre…
  • Un engagement total (des nuits de travail à réviser ses partitions pour la talentueuse Zahia Ziouani, une préparation mentale et physique de titan pour Lévin, l’amenant à porter un sac à dos de 75 kg sur 25kms en montagne !…)
  • La passion

 

Transmettre les valeurs, en particulier dans les grandes écoles a été abordé par l’ancienne HEC, Florence Noiville, qui venait défendre son livre : « J’ai fait HEC et je m’en excuse ».

Son livre pointait du doigt à la fois la nécessité de former les jeunes têtes bien faites à donner du sens à leur vie plutôt que de se cantonner à maîtriser des techniques.

Question à laquelle répond depuis 10 ans l’historien mécène, Odon Vallet, véritable Bill Gates français, qui grâce à sa fondation, permet chaque année à plus de 3000 lycéens d’accéder aux études supérieures.

Le philosophe Luc Ferry, qui clôturait cette 16ème édition n’a pas déçu son public : devant un parterre de près de 400 décideurs, mais aussi directeurs et enseignants de grandes écoles, l’ancien Ministre de l’Education Nationale a fait une conférence brillante, qui a ravi l’ensemble de son public.

Au cours de l’échange final avec le théologien Toniutti, en réponse à une question sur son passé de Ministre de l’Education, Luc Ferry a expliqué que le pouvoir politique était à la fois extrêmement limité (ne serait-ce que par les déficits abyssaux) et soumis à une constante pression de l’opinion médiatique, illustrant même la longévité de son ancien ministère par le…rodéo !

Dressant le constat d’une société de consommation créée et entretenue à la fois par les patrons et les anciens soixante-huitard, avec une croissance nulle et un chômage élevé, le philosophe a appelé à une Société davantage tournée vers la culture et le spirituel, remarquant au passage que, à nulle autre période de l’histoire, la France n’avait connue autant d’années sans conflits et guerres civiles.

Ces 2 jours de conférences et de débats ont-ils apportés des réponses aux préoccupations des décideurs présents ? : Oui, à 96% (source : enquête de satisfaction).

Au-delà des chiffres, les participants ont retenu l’importance de passer du temps, autant avec leurs collaborateurs qu’avec leurs ados, que ceux-ci étaient particulièrement sensibles aux notions d’exemplarité, de respect de l’autre et de confiance et que chacun peut être acteur pour construire et transmettre un monde meilleur.

Cela suffira-t-il pour rendre l’entreprise plus humaine ?

C’est en tous cas la conviction de l’équipe organisatrice du CECA, qui va aller prêter main forte à sa petite sœur belge, les 30 et 31 août à côté de Bruxelles, pour l’Université « Bonheur et performance » issue de l’Université Hommes-Entreprises. (www.trans-mutation.org )

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A propos Christophe de La Chaise

Bordelais depuis 20 ans, directeur du CECA. La conviction du CECA, à mi-chemin de la communication et du conseil RH, est que la performance de l’Entreprise (au sens large) vient de son capital humain. Cette conviction s’exprime lors de l’Université Hommes-Entreprises, un séminaire de réflexion de « remise en question positive » qui réunit plus de 500 décideurs fin août à Bordeaux (château Smith Haut Lafitte) et depuis 2012, avec le cycle Valoriser le capital humain. Mots clés du CECA : films, conseil en communication/RH, veille/informations.

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2 Commentaires

Commentaires pour La valeur de la 16ème Université Hommes-Entreprises sont fermés.

  1. Christophe, Merci pour ce résumé qui permet de se replonger dans le bain de jouvence de ces deux journées
    d’été.

    La messe est dite et, pourtant, je ne résiste pas à l’envie d’éclairer la scène du fond de la basse-cour et de la balustrade d’où je nous (cailloux !) observais.

     

     Une avalanche de mauvaises nouvelles (hic !).

    Si le message s’est vu (et bien entendu !) décliné à l’envie selon le cursus et le talent de chacun de tes brillants invités, j’en retiens trois
    accords majeurs qu’il me paraît bon d’égrainer ici comme le pratiquant son chapelet !

    Une nuée de motifs convergeant vers nous (aïe !).

    Quelques nécessaires et suffisantes raisons d’espérer (ouf !).

    Tout ceci faisant écho au quantique – laïc – d’Eric Emmanuel Schmitt l’an passé.

    Reprenons tout cela, si tu veux bien, par le menu :

    C’est avec le sourire que Patrick Lemattre nous brosse un portrait aussi triste que réaliste du Français d’aujourd’hui à travers
    les âges, en somme toi moi nous. Chacun en prend, non pas pour son grade cette fois, mais pour son âge !

    Des enfants rois du baby boom, dont les élites – devenues poussiéreuses et gâtées – jouissent et jouirent sans vergogne durant des
    décennies…

    De la génération des 40 – 60 ans, cocus de l’histoire, assaillis devant brisés par derrière, comme l’eut dit Jean Ferrat. Bien souvent ils sont
    honnêtes, mais peinent à prendre la tête du navire. Parviendront-ils à jouer la partition de passeurs d’espoir et de savoirs qui leur revient à présent ?

    Des dégénérés du numérique enfin, conscients qu’il ne reste que des miettes du frugal repas de leurs aïeux, révoltés devant la passivité de leurs
    pères et si loin encore des arcanes du pouvoir, jalousement gardées par les plus anciens, et leurs avatars…

    La peur au ventre, ils s’échappent du monde autant que faire se peut par le clan, le rire,
    et la lunette téléscopique de leurs écrans noirs… de monde !

    Plus tard, Florence Noiville ne se met pas en scène, elle y monte - comme le Christ au calvaire ? -, nuance ! De nouveau
    cette impression de l’imminence d’une catastrophe. Pourquoi s’avance-t-elle comme on va à l’abattoir ? Sait-elle déjà qu’elle s’apprête à affronter, la voix chevrotante, un cheptel de
    “pauvres idiots, sombres con…damnés à ne jamais être hommes”, comme dit la chanson – à l’eau – de Rose ?

    Rompus au brillant exercice oratoire, pour défendre leur chère et tendre société et sa paroisse branlante, ces détracteurs hardis se montrent prêts
    à guerroyer jusqu’au soir s’il le faut contre cette femme, leur condisciple, nue et démunie devant eux.

    Un résultat à la mesure de leur médiocre espérance : une dilution – à l’oreille des plus étourdis et des plus volatiles du moins – du courage
    de celle qui en appelle de ses vœux, certes à demi-mots, de peur qu’ils ne l’assomment, à une école et à un ordre et à un monde nouveau…

    C’est au matin du second jour, à quelques encablures seulement du bonheur au terme d’un récit de lumières, que Michel Authier
    abandonne tristement son auditoire ! Au détour d’une ultime question publique en effet, il souligne l’apparente constipation biblique d’un Dieu à qui il faudrait craindre de vouloir
    ressembler.

    Le risque semble de taille : se voir radier du barreau comme notre compère le serpent persifflant ! Or, que l’on soit serpent à gorge déployée,
    Jésus ou tout autre quidam, quoi de plus humain, de plus légitime et de plus beau pour un fils (ou de plus catholique si l’on veut) de vouloir ressembler à son père ?

    Sur la prestation d’Emmanuel Toniutti, je ne m’étendrai guère et pour une raison tout à fait singulière, tenant à mon choix – amusé – de quitter le
    navire – épuisé – au moment de son intervention, le temps d’une sieste salutaire avant le bouquet final
    Le décalage
    horaire d’avec l’Inde, dont je m’en revenais à peine, étant alors sur le point d’avoir raison de mes paupières !

    Je retiens néanmoins pour sa part qu’il sut donner la réplique sans démériter à Luc Ferry lors des échanges haletants entre l’ex-ministre devenu
    philosophe et l’ex-théologien devenu consultant ! De l’importance notamment de croire ou non en la résurrection pour un “bon” chrétien ou encore de cette soupe de Morale et de Cœur con-fondus
    pour “bon” dirigeant, et du juste dosage de chacun de ces vertueux ingrédients !

    Mais, revenons-en à l’essentiel. C’est après nous avoir joliment chanté la bohème et conté l’histoire oubliée de notre pays, que Luc Ferry en
    appelle pour conclure à une politique emprunte d’Amour – le mot est lancé ! – reprenant en chœur et allègrement le petit traité des grandes vertus de son ami André
    Compte-Sponville : de celle qui n’en est pas encore, la politesse (dont la morale et l’éducation civique s’inspirent), à celle qui n’en est déjà plus une et qui transcende toutes les autres,
    l’Amour, décliné à l’envie : éros, philia et agapè…

    Lorsque les plus éminents observateurs, songeurs et autres analystes de notre temps effleurent du doigt tant de vérités assassines, puis tentent
    délicatement de les enfoncer dans nos têtes dures comme du bois par tous les artifices qui soient (ai-je dit orifices ? je n’oserais voyons !), lorsque l’on voit combien nous sommes démunis
    devant cette débâcle… Que faire ? Agir, donc ! Où aller ? Ne pas s’enfuir…

    Pourtant, avant de monter au créneau, de faire tout prêt et tout bas si possible toutes ces choses que nous pourrions faire – que nous devons faire
    dès à présent puisqu’il y a urgence ! – et que nous ne faisons pas… Prendre un dernier souffle d’air frais, celui de ceux qui font déjà, celui de ceux qui ne (se) trompent pas : des
    hommes et des femmes dans l’action
    , dans l’amour, qui agissent pour eux-mêmes, leurs proches, leurs enfants, mais aussi pour les autres et ceux des autres, tout simplement.

    Plongeons-nous ainsi et de nouveau dans le bain bouillonnant de cette université…

    Les yeux du père, ou de l’expert, Xavier Pommereau, parlant de ces ados, de nos ados, de tous les ados ou presque, qui
    traversent la scène une bouteille de Bordeaux ou de Gin (déchirés, comme dans le temps ?!) à la main, parce que leurs parents – nous donc ! – n’osent guère – et n’osons pas – les laisser goûter
    au doux parfum des roses et du vent… Non pas celui des chiottes, va s’en dire, mais bien celui des champs et de l’océan !

    Lorsqu’Odon Vallet, pétri de modestie et emprunt de cette lucidité perçante acquise sur le terrain, martèle à deux reprises, de sa voix douce et
    monocorde, que dans trente ans, les Vietnamiens consentiront peut-être des bourses aux Français et non plus l’inverse, je ne crois ni à l’effet de manche ni au comique de
    répétition mais plutôt à sa volonté d’insister sur

  2. Cher Sebastien,

    Bravo et merci pour ce commentaire talentueux: ton analyse de ce qui a été dit à l’Université est à la fois juste, profonde et un peu décalée, comme d’habitude, mais aussi, il me semble, un
    peu inquiète…

    inquiète des seniors, à la fois profiteurs: grands gagnants des fruits des 30 glorieuses au point d’avoir laissé un système économique (et une planète ?) à bout de souffle et victimes, lorsqu’on
    les jette de l’entreprise à 55 ou 57 ans, comme on jette l’appareil photo jetable…

    inquiète de la génération Y, en perte de repères…

    Puisque tu as fait référence à l’excellent Patrick Lemattre, c’est à des personnes comme toi, comme nous, de prendre le Pont d’Arcole ! et de réconcilier développement économique et
    respect de l’Homme.

    Vaste programme, que propose finalement un Philippe Dessertine que l’on dit pessimiste, mais que je juge réaliste, si l’on a la volonté et l’envie de faire entendre nos voix…celles, aussi, de
    Florence Noiville, de Stéphane Lévin, de Zahia Ziouani, de Michel Authier, d’Emmanuel Toniutti et de Luc Ferry.

    nous en reparlerons,maintenant que ton carrosse est prêt à  reprendre la route de Saint-Aubin !!

    bien à toi

    Christophe